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Guide Mis à jour le 7 septembre 2026

Cotraitance en groupement : la décennale du BET

Répondre à un marché en groupement avec d'autres bureaux d'études ou entreprises change la donne assurantielle. Selon que le groupement est conjoint ou solidaire, et selon le rôle de mandataire, le BET cotraitant n'expose pas sa responsabilité décennale de la même façon qu'un sous-traitant.

En bref
  • Cotraitant = constructeur direct. Le cotraitant est titulaire du marché et lié directement au maître d'ouvrage : il est présumé responsable au titre de la décennale pour sa part d'ouvrage, à la différence du sous-traitant.
  • Conjoint ou solidaire, tout change. En groupement conjoint, le BET ne répond que de sa part. En groupement solidaire — ou comme mandataire solidaire —, il peut être tenu de la totalité du marché, avec recours ensuite contre les autres membres.
  • Chacun garde son attestation. Un groupement n'a pas d'assurance collective : chaque cotraitant doit détenir sa propre décennale couvrant les activités qu'il exerce dans le groupement, cohérente avec la part réellement exécutée.

Cotraitance et sous-traitance : deux situations à ne pas confondre

La cotraitance désigne le fait, pour plusieurs opérateurs, de conclure ensemble un contrat unique avec le maître d'ouvrage, chacun étant titulaire du marché. Ils forment un groupement momentané d'entreprises (GME), le plus souvent piloté par un mandataire commun. La sous-traitance, elle, suppose qu'un titulaire confie à un tiers l'exécution d'une partie de sa mission : le sous-traitant n'a pas de lien contractuel direct avec le maître d'ouvrage.

Cette distinction est décisive pour la responsabilité. Le cotraitant est un constructeur au sens de l'article 1792-1 du Code civil, lié directement au maître d'ouvrage : il est présumé responsable au titre de la décennale pour la part d'ouvrage qu'il conçoit ou dirige. La position du sous-traitant est différente ; nous l'avons détaillée dans notre guide sur la décennale et la sous-traitance du BET.

Groupement conjoint ou solidaire : l'étendue de l'engagement

Le régime de responsabilité au sein du groupement dépend de sa nature juridique, fixée par l'acte d'engagement :

  • Groupement conjoint : chaque membre s'engage sur la seule part du marché qu'il exécute. Le BET conjoint n'est en principe tenu que de ses prestations propres. Le mandataire coordonne, mais chacun reste responsable de son lot.
  • Groupement solidaire : chaque membre est engagé pour la totalité du marché. Le maître d'ouvrage peut réclamer à n'importe quel cotraitant l'exécution de l'ensemble, à charge pour celui-ci de se retourner contre les autres. L'exposition est bien plus large.

Dans les marchés publics, le mandataire d'un groupement conjoint est fréquemment rendu solidaire des autres membres par une clause spécifique de l'acte d'engagement : un BET qui accepte le rôle de mandataire doit mesurer cet engagement supplémentaire. C'est un point que le Cahier des clauses administratives générales (CCAG) applicable au marché précise systématiquement.

Ce que cela change pour l'assurance décennale du BET

Sur le plan strictement décennal, chaque cotraitant reste présumé responsable des dommages relevant de l'article 1792 pour la part d'ouvrage dont il a la charge. La solidarité du groupement joue sur le terrain contractuel — face au maître d'ouvrage — mais l'assurance décennale de chaque BET couvre en principe sa propre responsabilité de constructeur.

Trois vérifications s'imposent avant de s'engager en groupement :

  • Chaque cotraitant dispose de sa propre attestation décennale couvrant les activités qu'il exerce dans le groupement. Un groupement n'a pas d'assurance « collective » qui dispenserait ses membres de leur contrat individuel.
  • Le périmètre des activités déclarées correspond à la part réellement exécutée : un BET qui prend en charge un lot inhabituel pour lui dans le cadre du groupement doit s'assurer que cette activité est bien garantie.
  • Le rôle de mandataire et l'éventuelle clause de solidarité sont anticipés : la solidarité peut conduire à être recherché pour des désordres nés d'une prestation d'un autre membre, avec un recours à exercer ensuite.

Pour comprendre pourquoi les activités déclarées conditionnent la prise en charge, voir notre guide sur les refus de garantie décennale.

La convention de groupement, pièce maîtresse

Au-delà de l'acte d'engagement signé avec le maître d'ouvrage, les cotraitants organisent leurs relations internes par une convention de groupement. Ce document, non transmis au maître d'ouvrage, répartit les tâches, fixe les modalités financières et, surtout, prévoit les recours entre membres en cas de sinistre. Une convention bien rédigée précise qui répond de quoi, ce qui facilitera considérablement la répartition finale de responsabilité si un désordre décennal survient. Négliger cette convention, c'est s'exposer à supporter, au moins temporairement, la charge d'un sinistre causé par un autre.

En résumé pour le bureau d'études

La cotraitance fait du BET un constructeur titulaire du marché, présumé responsable au titre de la décennale pour sa part d'ouvrage — une position distincte de celle du sous-traitant. Le groupement conjoint limite l'engagement à ses propres prestations ; le groupement solidaire, ou le rôle de mandataire solidaire, l'étend à l'ensemble du marché. Chaque cotraitant doit disposer de sa propre attestation décennale, ajustée aux activités qu'il exerce dans le groupement, et sécuriser les recours internes par une convention de groupement soignée. Pour faire le point sur la couverture adaptée à vos missions en groupement, demandez un devis en ligne.

Questions fréquentes

FAQ

01 Quelle différence entre cotraitance et sous-traitance pour un BET ?

Le cotraitant conclut, avec d'autres, un contrat unique directement avec le maître d'ouvrage : il est titulaire du marché et constructeur au sens de l'article 1792-1 du Code civil. Le sous-traitant, lui, exécute une partie de la mission d'un titulaire sans lien contractuel direct avec le maître d'ouvrage. La cotraitance expose donc le BET à la présomption de responsabilité décennale pour sa part d'ouvrage.

02 Groupement conjoint ou solidaire : quelle conséquence sur la responsabilité ?

Dans un groupement conjoint, chaque membre ne s'engage que sur la part du marché qu'il exécute. Dans un groupement solidaire, chaque membre répond de la totalité du marché : le maître d'ouvrage peut réclamer l'ensemble à n'importe quel cotraitant, à charge pour lui de se retourner contre les autres. Le rôle de mandataire s'accompagne souvent d'une clause de solidarité.

03 Un groupement d'entreprises a-t-il une assurance décennale collective ?

Non. Chaque cotraitant doit disposer de sa propre attestation décennale couvrant les activités qu'il exerce dans le groupement. Il n'existe pas d'assurance de groupement qui dispenserait ses membres de leur contrat individuel. Il faut vérifier que le périmètre des activités déclarées correspond bien à la part réellement exécutée.

04 À quoi sert la convention de groupement ?

C'est le document interne, non transmis au maître d'ouvrage, par lequel les cotraitants répartissent les tâches, organisent les aspects financiers et prévoient les recours entre eux en cas de sinistre. Elle est essentielle pour répartir la charge finale d'un désordre décennal et éviter qu'un membre supporte durablement un sinistre causé par un autre.

05 Le BET mandataire d'un groupement est-il plus exposé ?

Souvent oui. Dans les marchés publics, l'acte d'engagement rend fréquemment le mandataire solidaire des autres membres, même en groupement conjoint. Le BET qui accepte ce rôle peut alors être recherché pour l'exécution de l'ensemble du marché, y compris pour des désordres nés des prestations d'un autre membre, avec un recours à exercer ensuite.

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